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Les Aînés, les Sciences et les Maths.

Depuis un an et demi, l’UTAN organise, un vendredi par mois, des exposés-débats portant sur des sujets scientifiques. Beaucoup de membres de l’UTAN nous ont dit leur grand intérêt pour ces conférences mais nous ont aussi signalé que, pour diverses raisons, le vendredi n’était pas le jour idéal. Ils nous ont donc demandé de réfléchir à d’autres possibilités. Les solutions alternatives ne sont pas nombreuses et, après mûres réflexions et concertations avec les responsables des conférences du mercredi, nous comptons nous intégrer dans celles-ci en proposant environ une fois par mois, une conférence à orientation scientifique mais accessible à tous, et ce à partir de janvier 2010. Nous espérons ainsi rencontrer les souhaits d’un maximum de membres de l’UTAN.

D’autre part, un certain nombre de membres nous ont parlé de mathématiques ; certains regrettent le peu d’intérêt qu’ils ont accordé durant leur jeunesse aux cours de mathématiques; d’autres estiment qu’ils ont tout oublié alors qu’ils voudraient aider leurs petits-enfants. Les uns et les autres souhaiteraient que l’UTAN organise un cours de maths adapté aux aînés qui permettrait notamment de rafraîchir leurs connaissances ou simplement d’affronter un vieux problème. Le cours couvrira la matière des premières années d'humanité. Un programme détaillé sera mis à votre disposition le 26 septembre lors de la journée Portes Ouvertes.

Bruno Jacquet

 

Centre de Mémoire collective
Au fil d'UTAN ou la mémoire vivante de l'UTAN
 

Au fil d’UTAN ou La brocante gourmande, au hasard des souvenirs et des lectures.
Vient de paraître, le Cahier 7, consacré à des souvenirs gourmands évoqués sur fond de légendes, de traditions locales, de superstitions et de folklore.

En 2006, le Centre de la Mémoire collective avait organisé une exposition qui évoquait les 30 années d’existence de l’UTAN. Pourquoi ne pas en appeler à vos souvenirs personnels ? L’UTAN, c’est vous. Ce sont les années que vous y avez passées, nombreuses ou non. Ce sont les années que vous y passez.

 La Mission SAMOYEDE, une mission de l’impossible ?
En  1984, le Centre de Production de Namur-Luxembourg-Brabant wallon de la RTBF avait organisé une exposition  "40 ans avec vous",  autour d’un double thème,  "NAMUR et la Seconde Guerre Mondiale" et "De la radio clandestine jusqu’à aujourd’hui."
Après une introduction évoquant le déclenchement de la guerre en septembre 1939 suite à l’invasion de la Pologne par Hitler,
          une première partie consacrée  à la campagne de mai 40 spécialement dans la région namuroise, aux bombardements  aériens  allemands infligés à la ville de Namur les 12 et 13 mai et à la résistance opposée à l’ennemi par les Forts,
            une seconde partie consacrée à l’Occupation, à la collaboration avec l’ennemi et à une Résistance à l’occupant qui s’organisa sous de multiples formes,
l’évocation du rôle très important de résistance à l’ennemi joué et par la presse écrite et par la presse radiodiffusée : messages d’encouragement incessamment dits et redits, messages d’information vers les pays privés de liberté, exhortations à lutter contre le défaitisme et contre les ukazes de l’ennemi . Des résistants (journalistes et techniciens), au péril de leur vie malgré les multiples dangers de l’Occupation, avec le soutien de Londres et des Alliés, travaillent dès 1943 à la mise sur pied à travers le territoire belge de tout un réseau d’émetteurs clandestins, voulant ainsi préparer le retour à une presse libre. Des émetteurs clandestins furent créés à Bruxelles, à Liège, Houdeng, Tamines, Anvers, Gand et Courtrai.
Le journaliste Paul Lévy, un des initiateurs du projet Samoyède, n’avait, selon François Landrain, directeur technique de Radio-Schaerbeek qu’une idée en tête depuis juillet 1940 : trouver le moyen d’informer Londres pratiquement au jour le jour, via Radio-Belgique, le pays occupé, et donner la possibilité à Radio-Belgique de produire des émissions d’information sur les petits traits de la vie dans le pays, de prouver aux Belges que Radio-Belgique savait tout, presque instantanément, que la station était à ce point informée qu’elle était en mesure de répercuter, le soir, à partir de Londres, des nouvelles toutes fraîches en provenance du pays occupé.
            De Tamines, le 5 septembre 1944, à 18 heures précises, Georges Kuhn annonçait 
            "Allo, allo…Ici la Radio nationale belge, émetteur de la région de Namur. Vous entendez en ce moment, une émission de la RNB, émetteur de la région de Namur, sur une longueur d’onde de 205m. Cet émetteur a été préparé clandestinement pendant l’occupation allemande par une mission de guerre sur ordre du gouvernement belge et des autorités militaires en Grande-Bretagne, pour assurer un service de radiodiffusion dès le départ de l’occupant et établir un contact immédiat entre les autorités civiles et militaires et la population belge. En suite d’un accord intervenu à Londres entre le gouvernement belge et le Commandement suprême allié, seuls les émetteurs de la Radio belge sont autorisés à fonctionner en territoire libéré."
            et dans les jours qui suivirent, tous les émetteurs samoyèdes étaient sur les ondes, saluant le retour de la liberté.

             D’après une conférence faite à l’UTAN par M. Georges Hubert, Président de l'Amicale des Anciens Combattants de l'Institut National de Radiodiffusion (INR) et de la NIR (homologue néerlandophone de l’INR ), le 24 avril 2004,  "Septembre 1944 – septembre 2004 ,  60 ans déjà".
L’UTAN remercie vivement M. Georges Hubert de lui avoir donné les archives de l’exposition 1984, photos et textes,…une nouvelle preuve du souci que M. Hubert porte au souvenir et à la mémoire. "Ne rappeler le passé que pour ouvrir l’avenir". C’est par cette phrase du Cardinal Decourtray qu’il avait clôturé sa conférence.

Paul TAVIER,   Au Collège d’Alzon à Bure pendant la guerre. (extraits)
             A la rentrée scolaire de septembre 1942, j’avais 13 ans et j’entrais en deuxième année d’Humanités, appelée à l’époque "5e Latin-Grec".
Les pensionnaires venaient surtout des campagnes wallonnes, principalement des provinces de Namur et de Luxembourg, un certain nombre du Hainaut, rarement de Liège et de Bruxelles. Parmi ce nouveau contingent, deux venaient d’Erezée. Ils avaient été amenés par le curé du village et s’appelaient Albert Lembergier et Léon van Jeun, des noms quelque peu étranges dans ce coin d’Ardenne. Mais la Belgique est petite et deux communautés linguistiques s’y côtoient depuis toujours.
Nous avions tous des accents du terroir bien typés : ceux du Namurois, ceux de l’Ardenne, de la vallée de l’Ourthe déjà un peu liégeoise, des pays picards. L’accent gaumais que nous découvrions nous amusait beaucoup surtout pour la prononciation des T et celui du pays lorrain germanique nous étonnait. Il y avait une panoplie de langues régionales à faire saliver un linguiste curieux. Albert et Léon avaient eux un accent tout autre, celui de Bruxelles peut-être mais mâtiné d’autre chose.
Vers la fin du deuxième trimestre, une rumeur circula parmi les grands : Albert et Léon seraient peut-être des Juifs. Comme un secret est quelque chose que l’on ne dit qu’à une personne à la fois, la rumeur mit quand même du temps pour se diffuser. Elle n’intéressait d’ailleurs pas tout le monde. Les petits de sixième et septième n’en avaient que faire. Etre juif ne représentait rien pour nous. C’était un concept. On n’en avait jamais vu et on n’en verrait sans doute jamais. C’est comme Jérusalem, Salamines, Persépolis ou Athènes. Cela relevait de la mythologie…Nos connaissances de toutes ces villes se bornaient à des images de ruines dans nos manuels scolaires. Rien de tout cela n’avait de réalité, c’était de l’histoire antique, presque de la préhistoire.
Et puis pourquoi auraient-ils été juifs, ils étaient tout pareils à nous, ils parlaient français avec l’accent de Bruxelles et après ? Est-ce si drôle ? Pendant la guerre on en a vus des gens de Bruxelles, de Liège, de Charleroi placer leurs enfants à la campagne. De plus ils allaient à la messe et communiaient comme nous tous. On n’aurait jamais risqué un sacrilège en donnant le corps du Christ à des mécréants et juifs de surcroît. Cette histoire était sans doute un bobard lancé par un farfelu pour pimenter un peu notre terne existence.

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Marie-Thérèse ABSIL,  Souvenirs de la guerre 40-45. (extraits)
La parution du livre d’Eric-Emmanuel Schmitt "L’Enfant de Noé" m’a remis en mémoire…
            Sur la place de l’Ange, l’Hôtel d’Harscamp fut le siège de la Kommandantur pendant la guerre 40-45. Quant à la Maison des Œuvres, elle servait aussi de domicile au vicaire de la paroisse.
Le vicaire, l’Abbé Joseph ANDRE était un homme modeste et confiant qui pouvait paraître naïf, mais qui, en réalité, avait un vrai souci des plus faibles, des pauvres, des persécutés et il accueillit à la seigneurie de nombreux jeunes Juifs. Il fallait loger et nourrir ces garçons. Tout un réseau fut mis en place et beaucoup de familles namuroises eurent "leur" Juif.
En 1943, j’étais enfant et je vis arriver chaque soir à la maison deux garçons qui repartaient le lendemain après le petit déjeuner. Il s’agissait de scouts, me disait-on. Comme leur séjour se prolongeait, j’ai été mise dans la confidence.
De temps en temps, une dizaine de garçons arrivaient en catastrophe pendant la journée. Il y avait menace de perquisition. Une sortie par un immeuble de la rue Emile Cuvelier permettait d’évacuer discrètement la Maison des Œuvres. Après quelques heures, on venait chercher le petit groupe.
            En fin d’année 1943, l’Abbé André avait imaginé de réunir les familles d’accueil pour une soirée préparée par ses jeunes protégés. Mes parents y avaient retrouvé pas mal de connaissances. Chacun étonné de retrouver qui un collègue, qui des amis. Mais quel risque, à 20 mètres de la Kommandantur ! (…)
            Au Service de la Population de la Ville de Namur, des fonctionnaires fournissaient les timbres de ravitaillement. Des décès étaient enregistrés avec retard pour permettre de gagner quelques semaines de "timbres" et en faire profiter, entre autres, les jeunes Juifs.

Micheline Hanoset

 

 

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