- E D I T O R I A L -

Editorial du bulletin de janvier, février et mars 2011
(suite et fin)


projet Grundvigt


A titre d’exemple, voici un appel à projet sous forme de lettre adressée à ceux qui ont collaboré à trois autres projets entièrement ou partiellement réalisés à l’UTAN :

 Proposition pour un prochain projet Grundtvig

Chers amis des projets européens Grundtvig de l'UTAN,

Nous avons, au cours de précédents tra-vaux, mis en évidence la difficulté de fixer à l’Europe des limites précises. Nous l’avons fait en nous servant de la culture à travers laquelle nous évoluons. On l’a dit souvent : l’Europe sera vécue avant de pouvoir être définie. A moins qu’on ne la définisse par sa culture … qui n’est pas héritière seulement de Rome et d’Athènes (…) mais qui a assimilé, siècle après siècle, les apports slaves, celtiques, germaniques, scandinaves, judéo – arabes (Léo Moulin).

C’est la conclusion à laquelle nous som-mes nous aussi arrivés lorsque nous nous sommes, selon le cas, avec des partenaires anglais, espagnols, français, italiens ou luxembourgeois, chaque fois sous la coordination  belge de l’Université du troisième Âge de Namur, intéressés à l’Europe unie autour de ses proverbes à l’Europe à table et au travail dans la sagesse populaire et aux Mythologies dans le panier de la ménagère européenne.

Nous avons ainsi pu nous rendre compte à plusieurs reprises que l’Europe n’est pas enfermée dans des frontières précises mais qu’elle va aussi loin que les principes de liberté, de tolérance, de respect de l’autre et, en définitive, à tout ce qui a fait d’elle le berceau des droits de l’homme, ont fait de notre continent celui d’une civilisation du vivre ensemble.

Voilà que chaque culture européenne s’abreuve à l’autre et fait partie de la grande culture européenne qui est plu-rielle, religieuse et laïque et dont la confi-guration unitaire émane avec force des hommes, de l’anthropologie, du goût de la vie (Andrea Riccardi). 

A présent, je vous propose de changer de registre.

Sensibles au double phénomène du vieillissement de la population (on vit plus longtemps) et de rajeunissement de l’âge (on reste jeune plus longtemps), nous voulons montrer que la Vieille Europe doit, par vocation et par héritage, pouvoir donner l’exemple du bon usage de la gratuité dans une société à propos de laquelle nous avons pu écrire ailleurs qu’elle souffre de ses articulations : l’étranger est mal articulé au Belge par le dialogue interculturel qui est loin d’aller de soi, l’offre et les désirs sont mal articulés aux besoins (Les gens n’ont pas besoin de ce qu’ils désirent et ne désirent pas ce dont ils ont besoin  écrit Edmond Barnays), le travailleur bénévole est souvent mal articulé au travailleur salarié, le riche est mal articulé au pauvre, etc. Cela tend à prouver que cette société-là a besoin, comme l’écrit Paul Aries, de "moins de biens et de plus de liens", formule à laquelle nous préférons cependant celle de plus de biens qui forment liens.

"La crise actuelle, comme toutes les autres avant elle, de toute nature, se terminera un jour, laissant derrière elle d’innom-brables victimes et quelques rares vain-queurs" (Jacques Attali, Sept leçons de vie, Livre de Poche, 2009). Un avertissement comme celui-là ne peut en aucun cas nous permettre de croire que nos responsa-bilités s’arrêtent avec l’âge de la retraite.

La résistance à tant d’éclatement sociétal peut-elle venir du troisième âge et de sa propension à se porter volontaire pour des activités bénévoles au service des autres ?

Voilà la question que nous nous poserons au cours d’un nouveau travail pour lequel nous nous portons candidats et que nous avons (provisoirement ?) intitulé : Formation et Enseignement pour une Retraite Active (FERA). Nous nous y intéresserons non seulement à la volonté des aînés de demeurer en contact avec la vie mais aussi à leur faculté de rester actifs et productifs.

Nous nous intéresserons aussi à l’oppor-tunité éventuelle d’une formation préala-ble destinée à ceux qui enseignent dans des institutions comme l’UTAN.

Nos partenaires pourraient être cette fois une association grand-ducale, une asso-ciation d’UTA de Slovénie, une UTA de Grande-Bretagne, une association alle-mande et une autre française.

Pourriez-vous déjà me dire si vous, mais pas seulement vous  qui avez participé à de précédents travaux, seriez partants pour cette nouvelle épopée ?

Amitiés,
Paulin Duchesne

 

 

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