- Le Président -

Retraités, bénévolat et droit à la pension

 

 

Lorsque le décalage est trop grand entre, d'une part la vieillesse physiologique dont décide l'état des facultés physiques et intellectuelles des personnes et, d'autre part la vieillesse sociale dans laquelle on entre à l'âge de la retraite, apparaît un âge nouveau composé de personnes encore bien à même de travailler mais que l'on ne sollicite plus, en tout cas pas assez. En gros, cet âge-là correspond au fameux troisième âge qui s'est installé, jouant des coudes entre la jeunesse et la vieillesse dont la succession rapide faisait jadis de la vie, un phénomène à angle droit. Et cependant, la société qui a mal à ses articulations (articulations en-tre les cultures, entre les générations, entre les catégories sociales, entre le salariat et le bénévolat), entre la société civile et le corps politique… aurait bien besoin de "producteurs de biens qui forment lien." La réalisation de tels biens requiert de la patience, de la disponibilité, de la capacité d'écoute et de dialogue, de l'expérience en même temps que de l'ouverture, ... , autant de qualités dont les retraités sont, en principe, largement porteurs. Très nombreux d'ailleurs sont ceux d’entre eux qui vont déjà spontanément à la rencontre de besoins qui s'expriment dans le secteur de l'associatif (caritatif, social, sportif, culturel, Conseil consultatif des Aînés, organi-sations politiques, etc.).

                Le bénévolat ne peut bien souvent être envisagé que par des personnes à l’abri du besoin. Le travailleur bénévole sait en effet ce que le bénévolat lui coûte que ce soit en frais de déplacements ou autres car la vie en société a un prix. Les bénévoles bien souvent paient à la fois de leur poche et de leur personne. Les rendre plus pauvres reviendrait à les exclure socialement, à les priver de leur rôle et du statut qui y est lié. Cette exclusion  ébranlerait aussi un des socles parmi les plus sous-estimés de la société : l’associatif. En reconnaissant son rôle et en lui garantissant les moyens de l’exercer ne ferait-on pas aussi du bénévolat  le meilleur allié du salariat auquel il garantirait ainsi le droit à une pension future  D’autre part, le bénévolat est peut-être aussi annonciateur d’ une nouvelle forme de salariat.

A titre d’exemple, les nombreux salariés occupés aujourd’hui dans les Centres Publics d’Action Sociale n’effectuent-ils pas le travail que faisaient jadis béné-volement les dames de la bourgeoisie et les religieuses qui s’occupaient de la misère du monde dans leur quartier ? De tels transferts du bénévolat vers le salariat se profilent peut-être déjà à l’horizon.

                Il y a donc un lien étroit entre d'une part le montant des pensions de retraite et de survie et d'autre part l'implication des retraités dans le cadre du bénévolat.

A méditer par les hommes politiques qui, selon leurs promesses, vont enfin s'occuper de l'ESSENTIEL.

                                           Professeur Paulin Duchesne
                                                        Président de l'UTAN 

 

Voir aussi :
- Les cours
- Les conférences du mercredi
- Excursions, concerts et spectacles
- Les activités et services divers de l'UTAN
- Calendrier des marches
- Les voyages
- Les activités de nos antennes

 

 

Powered by Crossroads digital media 2002